Harcèlement et violences à l’école : que faire ?

Analyse de Wilfried Daurignac, professeur de Lettres (Toulouse)

Le harcèlement scolaire est un problème majeur constaté dès le primaire : déchaînement des pulsions de violence chez les agresseurs, dégoût de soi et risque de décrochage scolaire chez les victimes. Le fléau est d’autant plus inquiétant qu’il tend à se répandre : si 1 élève sur 10 se déclarait en 2012 avoir déjà été victime de harcèlement, c’est aujourd’hui 1 élève sur 5 qui se dit être concerné par le problème*.

Le harcèlement scolaire, qui se présente sous de multiples formes, est à la fois le symptôme et la conséquence de lourdes carences dans l’éducation des jeunes. Si les actions de prévention contre le harcèlement sont en augmentation, le nombre de victimes, qui se déclarent notamment à l’occasion de ces actions, est aussi en hausse. Se contenter de prévenir et de sensibiliser au harcèlement se révèle donc insuffisant.

De fait, dans cette juste volonté de lutte contre le harcèlement scolaire, il manque clairement deux éléments majeurs : les parents et les sanctions.


1- Les parents sont des acteurs majeurs dans l’éducation
Si les dispositifs incluent les personnels éducatifs, ils laissent de côté les premiers acteurs de l’éducation d’un enfant, c’est-à-dire les parents.
En effet, ils ont un rôle majeur à jouer dans le cyber-harcèlement, puisque l’accès des enfants à Internet et aux réseaux sociaux relève pleinement de la responsabilité parentale. On peut d’ailleurs s’interroger sur la pertinence de laisser des préadolescents accéder aux réseaux sociaux… Quoi qu’il en soit, les dispositifs de prévention doivent associer les parents, ne serait-ce que pour leur rappeler leur responsabilité en la matière. Il est important qu’ils assument leurs responsabilités en contrôlant ce que font leurs enfants sur Internet et encore plus sur les réseaux sociaux. En cas de lourd manquement, ils doivent aussi faire l’objet de sanctions, comme la suspension des allocations familiales.
D’ailleurs, leurs devoirs dans la lutte contre le harcèlement « direct », qu’il soit physique ou moral, sont sensiblement les mêmes. Faire venir les policiers pour sensibiliser les jeunes ne peut être qu’un complément à  une éducation dont l’essentiel des principes doit avoir été posé en amont par les parents à la maison.


2- Responsabiliser les élèves
Les dispositifs de prévention sont nombreux et aucun élève ne peut raisonnablement prétendre ignorer le mal qu’il cause, lorsqu’il se livre à des actes de harcèlement. Franchissant délibérément les limites de ce que le respect dû à chacun impose, le harceleur doit avoir à assumer pleinement les conséquences de ses actes et la répression en la matière doit être particulièrement rigoureuse.


3- Instruire pour éduquer
Enfin, on peut s’étonner du temps qui est consacré aux actions de prévention contre ce fléau, car c’est autant de temps qui est pris sur les heures d’enseignement disciplinaire. Peut-être serait-il temps de se demander si les élèves harceleurs n’auraient pas moins de temps pour harceler s’ils avaient davantage de travail à réaliser à la maison, notamment dans les enseignements fondamentaux, où le niveau est encore loin de s’élever. Après  tout, on peut se dire que des têtes bien pleines deviendront des têtes bien faites et des esprits plus raisonnables.

*source : La Dépêche du Midi, 20 novembre « Violences à l’école : la police fait la classe ».

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