Classes de niveau: et si l’Ecole française revenait au bon sens?

Tribune de Gilles Ardinat pour le site M l’avenir: https://mlavenir.fr/2021/03/25/classes-de-niveau-et-si-lecole-francaise-revenait-au-bon-sens/

Nul ne conteste plus la crise multiforme que traverse notre Ecole: chute du niveau des élèves, dévalorisation des diplômes, défiance du corps enseignant vis-à-vis de l’institution (et surtout de son ministre, Jean-Michel Blanquer), crise des vocations, ensauvagement et communautarisme sont quelques-uns des maux dont souffre notre système scolaire. Pour remédier à ces problèmes, la gauche et ses relais syndicaux au sein de l’Education Nationale proposent toujours la même solution: davantage de moyens, davantage de postes. Si la question de la rémunération des professeurs est légitime, la demande incessante de budgets supplémentaires confine à la démagogie et au clientélisme.

En réalité, il est possible d’améliorer significativement notre système éducatif sans y ajouter les milliards réclamés par certains syndicats. Des mesures de bon sens doivent d’urgence être envisagées rue de Grenelle et parmi elles l’instauration de classes de niveau: au sein d’un même établissement, voire entre plusieurs établissements proches, les élèves doivent être regroupés en fonction de leurs résultats de l’année précédente.

Notre Ecole doit en finir avec les utopies égalitaristes qui ont démontré leur échec. Loin d’être idéologiques, les classes de niveau correspondent à la réalité : les enfants d’une même classe d’âge ont des niveaux de plus en plus hétérogènes qu’il faut prendre en compte. Les études internationales ont confirmé que l’Ecole française, malgré son idéal égalitaire, est particulièrement inégalitaire. Croire que ces inégalités seront gommées en mélangeant au forceps les publics (« mixité scolaire » imposée) est une hypocrisie. Depuis la loi Haby de 1975 jusqu’à la dernière réforme du baccalauréat (inspirée par le socialiste Pierre Mathiot), l’Education Nationale a voulu nier les écarts considérables en faisant rentrer la jeunesse française dans un carcan unique. D’ailleurs, malgré le déni du ministère, il existe aujourd’hui une hiérarchisation insidieuse des élèves via les filières (générale, technologiques, professionnelles), les options ou les réputations des établissements (privés comme publics).

Ainsi les classes de niveau, aujourd’hui vilipendées, doivent être favorisées partout où cela est possible. Les écoles primaires de taille importante et la plupart des établissements du secondaire ont la possibilité de les mettre en place. Ces classes de niveau peuvent s’accompagner d’une modulation des effectifs, les classes d’élèves en difficulté étant logiquement allégées. L’existence de groupes plus homogènes est bénéfique en premier lieu pour les élèves car une trop grande mixité retarde les bons éléments tout en condamnant ceux qui ont des lacunes. De plus, la gestion de classes très hétérogènes est un casse-tête pour les professeurs (les « pédagogies différenciées » vantées par l’Education Nationale n’étant qu’un médiocre palliatif). L’homogénéisation des groupes faciliterait la transmission des savoirs en l’adaptant à des publics différenciés: approfondir les notions avec les meilleurs élèves ; reprendre les fondamentaux avec ceux qui sont en échec. En outre, un élève pourrait changer de classe en fonction de ses résultats (évitant par exemple certains redoublements au profit d’une réaffectation dans une classe à effectif réduit).

Une telle mesure ne coûterait rien au contribuable et serait acceptée par l’immense majorité des Français : seule la gauche donneuse de leçons dénoncerait cyniquement une politique de discrimination sociale (rebaptisée « classisme » par certains extrémistes). L’Education Nationale a le devoir d’apporter les savoirs fondamentaux à ses futurs citoyens, puis d’élever, autant que possible, leur culture générale et scientifique. Cette mission passe évidemment par la prise en compte des écarts culturels et sociaux entre les élèves. La mise en place des classes de niveau signifierait un retour salutaire au réel en adaptant les enseignements pour le bien de tous.

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