Tribune : Oui au drapeau français dans les salles de classe

Tribune d’Aymeric Durox, professeur d’Histoire-Géographie et référent Ile-de-France du forum Ecole & Nation.

Dans la nuit de lundi à mardi 12 février 2019, l’Assemblée nationale a adopté un amendement rendant obligatoire la présence des drapeaux français et européens dans les salles de classe, ainsi que les paroles de La Marseillaise, dans le cadre de l’examen du projet de loi « sur l’école de la confiance ».

Rappelons que le drapeau tricolore est l’emblème de notre pays sans interruption depuis 1830 et qu’il est mentionné explicitement, de même que notre hymne, dans la Constitution de 1958 à l’article 2 (« La langue de la République est le français. L’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L’hymne national est la « Marseillaise ».).

Déjà affiché sur les frontons de nos écoles depuis la loi Peillon de 2013, mais en réalité invisible au quotidien, sa présence accrue dans les salles de classe ne pourra que renforcer un légitime et nécessaire sentiment d’appartenance à la nation, sentiment en plein délitement selon un avis unanime.

Réactions pavloviennes d’une certaine gauche.

Las, cette mesure de bon sens a fait sortir du bois une partie de la gauche et des personnels de l’Éducation nationale pour qui le drapeau tricolore agit comme un chiffon rouge et qui n’a pas de mots assez durs pour critiquer cette décision. Ceux-là trouveront en revanche tout à fait normal que des drapeaux étrangers soient affichés dans des salles de classe de langues vivantes mais s’offusqueront que l’on fasse pareil pour leur propre pays, ignorant que c’est justement ce manque de France qui fait chercher ailleurs à certains élèves une autre identité, une autre appartenance. C’est parce qu’ils ont repoussé la nation hors de l’école, toutes deux pourtant intrinsèquement liées, qu’ils ont contribué à détruire ce « vivre-ensemble » dont ils ont plein la bouche et que pourtant même de grandes figures de gauche reconnaissent ne plus exister.

Le cheval de Troie de l’Europe.

Ne pouvant ou ne souhaitant pas faire entrer dans nos salles de classe le seul drapeau de la France – pensez donc!- le gouvernement a introduit dans l’amendement le drapeau européen qui deviendrait lui aussi obligatoire, allant ici à l’encontre de la Constitution qui ne reconnaît, nous l’avons rappelé, que le drapeau tricolore. L’on voudrait donc apposer côte à côte, leur donnant une valeur égale, et ce devant nos élèves en pleine construction, le drapeau de notre nation et l’emblème d’une organisation supranationale non reconnue comme un État par l’ONU et tous les pays du monde. Cela n’est pas acceptable et sera combattu par bon nombre d’enseignants soucieux du droit et de neutralité.

Et comment oser mettre sur un pied d’égalité ces deux drapeaux comme le fait trop souvent la classe politique française (et presque exclusivement française) ? Car en paraphrasant Lamartine l’on peut affirmer que le drapeau européen qu’ils rapportent n’a jamais fait que le tour de Bruxelles, rejeté par le peuple français en 2005, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie.

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