Qualité de l’expression et de l’orthographe en entreprise : une opportunité pour refonder une voie littéraire d’excellence

Communiqué de Gilles Ardinat, professeur d’histoire-géographie.

Lundi 25 octobre, un sondage Ipsos, commandé par un site spécialisé dans l’amélioration de l’orthographe, a confirmé que la qualité de l’expression écrite et orale était devenue un enjeu majeur au sein des entreprises. Cette enquête auprès d’un panel de 2500 cadres indique notamment que 86% d’entre eux estiment que l’orthographe est une compétence importante. 76% des décideurs interrogés déplorent des carences au sein de leurs équipes. Les fautes d’orthographe sont rédhibitoires dans les processus d’embauche et de promotion. Elles entament la crédibilité d’une entreprise auprès de ses clients. Alors que l’Éducation Nationale assure de plus en plus mal la transmission des savoirs fondamentaux dans ce domaine (lecture et écriture), le marché privé des remises à niveau de salariés ne cesse de croître.

La langue française est un élément essentiel de notre identité nationale. Sa maîtrise est indispensable au bon déroulement de la vie citoyenne. Mais avec la tertiarisation de l’économie et la généralisation du télétravail, s’exprimer dans un français excellent est devenu un facteur déterminant de réussite professionnelle. La chute du niveau, constatée par les professeurs et les dirigeants d’entreprises, doit donc être enrayée pour des raisons identitaires, civiques et socio-économiques. Rappelons qu’avant les réformes démagogiques enclenchées à partir des années 1970 (collège unique, idéologie pédagogiste, bac pour tous…) l’École républicaine a su former des générations de Français sachant très bien lire et écrire.

Face à un tel constat, l’apprentissage renforcé du français dès le primaire (en utilisant des méthodes éprouvées) puis au collège (par un recours accru à la grammaire) semble indispensable. Surtout, l’évolution du marché du travail justifie la restauration d’une voie littéraire d’excellence au lycée et donc le retour à des filières. Afin de ne pas recréer un baccalauréat L au rabais (la série S captait quasiment tous les meilleurs élèves), cette voie serait sélective et particulièrement exigeante sur le français et l’orthographe. Un tel baccalauréat serait la garantie pour les employeurs d’un excellent niveau d’expression et de culture générale. Cette filière doit aussi être très ambitieuse sur les langues étrangères, atout indispensable pour notre tourisme et notre rayonnement économique international. Enfin, la renaissance d’une voie littéraire d’excellence, intégrant les lettres classiques, diversifierait utilement le profil de nos élites.

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