Communiqué : Rapport Villani-Torossian – des pistes intéressantes, une mise en oeuvre très imprécise

Communiqué de Michel Leca, docteur en physique, retraité de l’Education Nationale, ingénieur en informatique, chevalier des palmes académiques et référent Ecole & Nation pour la Corse.

Le 12 févier 2018, Cédric Villani (député de la majorité « En Marche ») et Charles Torossian (inspecteur général) ont rendu à Jean-Michel Blanquer un rapport intitulé « 21 mesures pour l’enseignement des mathématiques ». Ce rapport doit en théorie permettre de rehausser le niveau des élèves français, épinglé par de nombreuses études nationales et internationales.

Observons d’abord que, sur le fond, le rapport s’occupe principalement de l’enseignement des mathématiques à l’école primaire. Il s’agit donc de l’apprentissage de l’arithmétique et de la géométrie. Cela est méritoire mais ne propose pratiquement rien sur l’enseignement des mathématiques dans le secondaire. Le rapport a également le mérite de reconnaître les insuffisances chroniques de l’enseignement dispensé par l’Education Nationale depuis des décennies, mais sans en cerner les causes réelles. Ce n’est pas une désaffection des élèves pour les maths qui explique leur bas niveau, mais plutôt les continuelles réformes de programmes et les aberrations pédagogiques mises en œuvre, notamment par la gauche, depuis trop longtemps.

On constate avec plaisir que le rapport préconise quelques mesures de bon sens, comme le retour au calcul mental, aux automatismes, à la répétition, à la rédaction et à la verbalisation, qui étaient la base de l’enseignement d’avant 1968. On apprécie aussi la reconnaissance de la formation insuffisante des professeurs des Ecoles, dont beaucoup, issus de filières littéraires, ont des difficultés à enseigner cette matière fondamentale. La volonté d’évaluer les manuels scolaires part aussi d’une bonne intention, car c’est bien la disparité et l’imprécision de leur contenu qui a contribué à entretenir la confusion dans l’esprit des élèves.

On trouve en revanche dans ce rapport un certain nombre de phrases creuses : « Inclure … les maths dans la priorité nationale », « proposer …un module… de réconciliation », « assurer … une place importante aux maths », « expérimenter … la mise en place de laboratoires de mathématiques », qui tiennent plus de l’incantation que de propositions efficaces. MM. Villani et Torossian cèdent parfois à la démagogie au sujet de l’égalité femmes-hommes. Outre les solutions de bon sens vues plus haut, le rapport propose des mesures moins réalistes comme :

– La formation continue des enseignants. Mais qui seront les « super enseignants » capables d’instruire leurs collègues et comment empêcher que ce temps de formation n’affecte le temps passé devant les élèves ? En outre le coût d’un tel programme de formation n’est pas budgété.

– L’expérimentation de méthodes nouvelles. Ce qui signifie remettre à plus tard la résolution du problème et perpétuer la culture des réformes qui est une des causes principales de la chute du niveau des élèves.

– Les activités périscolaires. Les enseignants se plaignent déjà de la multiplication de telles activités car elles dispersent l’attention des élèves et grèvent le temps réel de l’apprentissage.

– La création d’un poste d’expert chargé du suivi et de la mise en œuvre des préconisations de ce rapport. Ce serait une bonne idée si cet expert dispose des moyens et de l’autorité nécessaires pour imposer les préconisations. Quand on sait que toutes les expériences tentées pour améliorer l’Education Nationale ont échouées, on peut douter de la réalisation de cette mesure. Quant aux préconisations à édicter, encore faut-il qu’elles soient parfaitement définies, ce que ne fait pas le rapport actuel.

En résumé, le point faible de ce rapport est qu’il s’obstine à proposer de nouvelles expérimentations, renouant ainsi avec l’aventurisme soixante-huitard, au lieu de simplement revenir à l’enseignement traditionnel qui avait fait notre force, jadis, lorsque tous les pays copiaient notre système éducatif. C’est pourquoi nous proposons, pour remonter le niveau de nos élèves, de réappliquer les anciennes méthodes d’éducation, celles que la gauche avait fait disparaître au profit d’un pédagogisme mortifère. Quelques actions simples permettront d’atteindre facilement ce but: s’inspirer des manuels d’avant 1968, faire travailler les enseignants sur ces manuels, utiliser les exercices qui y figurent, pratiquer le « par cœur » et la répétition. C’est avec ces méthodes simples et naturelles que le pays retrouvera le niveau qu’il avait quand elles étaient appliquées !

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