Communiqué : Voie professionnelle – un rapport en complet décalage avec les difficultés du terrain

Communiqué du forum Ecole & Nation

Jeudi 22 février, Céline Calvez (député de la majorité) et Régis Marcon (grand chef étoilé) ont remis à Jean-Michel Blanquer un nouveau rapport intitulé « La voie professionnelle scolaire : viser l’excellence ». Ce document de 87 pages doit compléter le « rapport Mathiot » (consacré au lycée général) en apportant des améliorations au CAP* et au baccalauréat professionnel. Nous regrettons que ce volet des réformes engagées par le ministre n’ait pas du tout été médiatisé, contrairement au rapport Mathiot qui a suscité un débat national d’ampleur. Ce manque d’intérêt des médias pour les filières professionnelles est emblématique d’un mépris injuste et injustifié que le Front National dénonce depuis des décennies : la voie professionnelle, qui concerne un tiers des lycéens, devrait être considérée au même niveau que la voie générale.

Alors que le rapport Mathiot promet de changer en profondeur l’architecture du baccalauréat général, Mme Calvez et M. Marcon ne proposent pas de révolution de la voie professionnelle, mais un ensemble de « préconisations » regroupées en neuf rubriques appelées « leviers ». Ce document est donc un catalogue de mesurettes techniques dont certaines, pour intéressantes qu’elles soient, ne ciblent aucunement les vrais problèmes rencontrés par les enseignants.

En effet, la voie professionnelle concentre, parfois de manière extrême, des difficultés considérables comme la violence scolaire, le communautarisme grandissant (phénomène des « lycées-ghettos ») et l’immigration incontrôlée (la plupart des jeunes migrants, les « primo-arrivants », sont orientés dans les lycées professionnels). Du fait d’un laxisme généralisé, les conditions de travail sont souvent devenues insupportables. Ces défis majeurs sont totalement occultés par le rapport Calvez-Marcon. En outre la question capitale du recrutement des élèves, devenu peu méritocratique car géré automatiquement par un logiciel, n’est pas bien posée. Pire, ce rapport reprend le discours sur le « socle » ou les « compétences » ainsi que la dénonciation démagogique des « stéréotypes de genre » sous-entendant que l’institution éducative serait discriminatoire.

Ce rapport, qui fait l’impasse sur les problèmes les plus graves, ne constitue donc pas la feuille de route dont aurait besoin M. Blanquer pour enrayer la spirale de la dévalorisation. Ecole & Nation considère que le baccalauréat professionnel, comme son nom l’indique, doit être un sésame pour l’emploi et non un ticket d’entrée pour l’échec dans les études supérieures (ce qu’il est en train de devenir). Rétablir l’ordre républicain dans l’enceinte de ces établissements, sélectionner les élèves selon des critères de mérite (en fonction du dossier des candidats) et renforcer le lien avec le monde du travail (objectif affiché du rapport mais sans mesure convaincante) sont selon nous les trois priorités pour la voie professionnelle.

Ayant été exclus des consultations lors de la phase de rédaction du rapport, les représentants d’Ecole & Nation espèrent être associés aux travaux de M. Blanquer qui doit rendre publics ses arbitrages en avril prochain. Une demande écrite sera adressée au ministre dans ce sens.

* Certificat d’Aptitude Professionnelle.

1 Comment

  1. Le grand mot: « discriminatoire » concernant l’institution éducative! Voilà des décennies qu’au prétexte de ce pêché mortel, on nie le différence de capacités, de motivations des lycéens, président à leur orientation, laquelle doit être éclairée par le corps enseignant et l’information des parents. Quel gachis!

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