Baccalauréat: la supercherie du « grand » oral doit cesser

Communiqué du Forum Ecole & Nation

Plus de 500.000 candidats au baccalauréat général et technologique ont passé cette année leur « grand » oral. La préparation de cette épreuve a occupé une part importante de leur emploi du temps depuis la mi-mai (date de passage des écrits de spécialité, prévus en mars l’année prochaine). Les lycées et leur personnel ont été mobilisés du 20 juin au 2 juillet pour permettre le bon déroulement de cet examen à très fort coefficient. Les moyens alloués à ce « grand » oral sont donc considérables.

Pourtant, après deux sessions du bac Blanquer, ce « grand » oral est déjà considéré par la plupart des élèves et des professeurs comme une vaste fumisterie. En effet, cet oral n’a de « grand » que le nom puisqu’il s’agit d’un exposé de seulement 5 minutes, suivi de 10 minutes de questions du jury (composé de deux professeurs) et conclu par 5 minutes de présentation du parcours scolaire et d’études du candidat. Cette épreuve du baccalauréat diffère assez peu de l’oral du DNB (passé en fin de 3e dans des conditions très similaires). Chaque candidat choisit lui-même 2 sujets en lien avec ses enseignements de spécialité. 

En somme, ce « grand » oral voulu par Jean-Michel Blanquer est un exposé de 5 minutes dont le sujet est librement choisi et préparé des mois à l’avance. L’entretien conclusif sur le parcours de l’élève est totalement aléatoire puisque le jury n’a aucun moyen de vérifier la véracité des propos (le candidat peut mentir impunément sur son orientation, ses admissions parcousup, ses options…). Sauf pour quelques candidats très consciencieux, la préparation des deux sujets de « grand » oral se résume à un copier-coller de fiches thématiques trouvées sur internet. L’absentéisme des élèves pendant la longue période de préparation est d’ailleurs massif

Face à ce bilan accablant (énormément de moyens mobilisés pour une épreuve aux exigences dérisoires), une refonte totale s’impose. Voici trois changements substantiels (sans aucun coût supplémentaire pour l’Education Nationale) qui feraient du « grand » oral un véritable examen de fin d’études secondaires:

1-Les épreuves écrites de spécialité doivent évidemment être programmées fin juin afin d’éviter la démobilisation des élèves pendant les semaines de préparation du « grand » oral. 

2-Le format de l’épreuve doit être beaucoup plus exigeant: les sujets, tirés au sort au sein d’une liste définie par le jury, doivent être révélés aux candidats le jour de l’épreuve (comme c’est le cas pour les écrits). Il doit s’agir des sujets imposés relatifs aux programmes des deux spécialités. L’exposé doit durer au moins 10 minutes

3-L’entretien sur le parcours professionnel, véritable
concours d’esbrouffe, doit être supprimé.

Le « grand » oral est en l’état une vaste supercherie et un moyen d’augmenter artificiellement le taux de réussite du baccalauréat. Le nouveau ministre peut agir pour en faire un véritable examen exigeant et sélectif. Il faut cependant qu’il en ait la volonté.

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